Cimetière de Bordeaux-Nord

  • LE CAVEAU-MONUMENT DES 231 SOLDATS RESTITUES DE LA GUERRE 14-18

cimetiere
Auteur: Serge Michel DUMARTIN
En collaboration avec Bernard LABARBE pour l’identification des soldats

HISTORIQUE

En ce début du XXe siècle, la ville de BORDEAUX considérant que le cimetière de la CHARTREUSE, ouvert en 1791 à l’emplacement du couvent des Chartreux, ne suffirait plus, décida de la construction d’un second cimetière. Ne disposant pas de terrains d’une surface suffisamment importante, c’est sur le territoire de la commune de Bruges, dans la banlieue bordelaise, que sera ouvert le 1er novembre 1910 ce nouveau cimetière, désigné Cimetière Bordeaux-Nord, et situé 11 avenue Jean Jaurès, à Bruges.

La première inhumation se déroulera le vendredi 30 décembre 1910.

C’est aussi dans ce cimetière que seront inhumés les premiers soldats victimes de la guerre 14-18, et le premier soldat français inhumé, le sera le 30 août 1914. Mais bien vite, le 13 septembre 1914, il faudra aussi inhumer le premier soldat allemand. Tous, Français et Allemands sont des victimes de maladies ou de blessures de guerre, et proviennent des hôpitaux bordelais.

Après la fin de la guerre il sera alors décidé de réorganiser l’ensemble de ces tombes, et de créer un carré militaire Allemand, qui comptera 192 tombes dont une d’un soldat autrichien, et un carré militaire français de 1388 tombes, comprenant aussi 6 tombes de soldats Belge, 2 tombes de soldats Britannique, 11 tombes de soldats Russe, 4 tombes de soldats Tchécoslovaque, 1 tombe de soldat Portugais, et 1 tombe de soldat Polonais.

Toutefois, le carré militaire français ne prendra le visage définitif que nous lui connaissons aujourd’hui, que le 30 septembre 1957, par le regroupement des séries J et K dans la seule série I, et avec la réalisation par les établissements Ussel Frères de la murette, et la pose de croix et stèles en ciment blanc, ornées de plaques d’identités en zinc fondu.

carre allemand

Carré militaire Allemand

carre français

Carré militaire Français

LEGISLATION DES LIEUX D’INHUMATION DES SOLDATS MORTS POUR LA FRANCE

C’est à la suite d’une série de lois, dont celle du 29 décembre 1915, qui dans son article 1er, stipule: « lorsque en vue de l’établissement des sépultures perpétuelles qui devront être assurées aux militaires des armées françaises et alliées, décédés pendant la durée de la guerre des suites de blessures ou de maladies contractées aux armées, il sera nécessaire d’acquérir des terrains hors des cimetières existants, l’acquisition sera faite au nom de l’État par le Ministre de la Guerre ».

Puis la loi du 31 juillet 1920, article 105, stipule que « les cimetières militaires créés ou à créer sur l’ancien front des armées pour recevoir à titre perpétuel les cendres des soldats Morts pour la France pendant la guerre 1914-1918 sont déclarés propriété nationale, et seront gardés et entretenus aux frais de la nation ».

A suivre l’article 106, « les veuves, ascendants ou descendants des militaires ou marins Morts pour la France, ont droit à la restitution et au transfert aux frais de l’État, des corps desdits militaires ou marins. Un décret rendu sur la proposition du Ministre de l’Intérieur et du Ministre des Pensions, déterminera dans quelles conditions les transferts des corps seront effectués à partir du 1er décembre 1920″.

Enfin la loi du 28 septembre 1920 définira les conditions précises de la restitution des corps des militaires dans son article premier : « le transfert aux frais de l’État des corps des militaires Morts pour la France comporte les opérations suivantes : exhumation, mise en bière hermétique, transport collectif par route et par voie ferrée du premier lieu d’inhumation jusqu’au cimetière désigné par la famille, et re- inhumation dans ce cimetière ».

A partir de cette date, toutes les familles françaises auront le choix, soit de laisser le soldat défunt dans une Nécropole Nationale, soit de demander la restitution du corps dans le caveau familial, sachant que la sépulture perpétuelle aux frais de l’État sera réservée aux militaires inhumés dans les cimetières de guerre, ou qui auront été placés au moment de leur décès, dans des carrés militaires de cimetières communaux.

Certaines familles bordelaises vont faire la démarche de la restitution de corps.

SOLDATS RESTITUES AU CIMETIERE BORDEAUX-NORD

Une fois la démarche de restitution du corps entreprise, l’autorité militaire, comme le stipulait la loi, organisait les convois militaires en regroupant les corps vers la même destination.

Sur place, c’était au tour des autorités municipales, en collaboration avec les autorités militaires, d’organiser la ré-inhumation. Les familles étaient conviées à une cérémonie se déroulant devant le Monument aux Morts de la guerre de 1870 du cimetière de la Chartreuse, pour ensuite, selon le lieu du caveau familial désigné, le corps du soldat était inhumé à la Chartreuse, ou acheminé vers les cimetières de Bordeaux-Nord, Protestant ou Israélite.

A ce jour, la répartition des 1285 soldats restitués inhumés dans les cimetières bordelais est la suivante :

– 719 soldats restitués au cimetière de la Chartreuse
– 536 soldats restitués au cimetière de Bordeaux-Nord
– 23 soldats restitués au cimetière Protestant
– 11 soldats restitués au cimetière Israélite

exposition

Plan de cérémonie avec les familles et les autorités religieuses et militaires

monument

 

 

 

 

REPARTITION DES SOLDATS RESTITUES

 Toutes les familles qui avaient demandées la restitution des corps ne possédaient pas de caveaux familiaux. On va alors retrouver globalement trois catégories de sépultures :

 – les soldats inhumés dans des caveaux familiaux
– les soldats inhumés dans des caveaux familiaux d’accueil
– les soldats inhumés en champ commun, dans un carré spécial pour militaires

Pour tous les défunts inhumés en champ commun, la règle était qu’après une période de 7-8 ans, si les corps n’étaient pas réclamés par les familles, ceux-ci étaient transférés anonymement dans les ossuaires.

Cette situation qui concernait les familles les plus pauvres était inacceptable pour les poilus défunts.

 De fait, la municipalité qui s’y était engagée, va entériner par son maire, Fernand Philippart (1871-1934), au cours de la séance du conseil Municipal du 7 avril 1925, la construction au cimetière nord, d’un caveau destinés à recevoir les corps des militaires « Morts pour la France », et transférés de la zone des armées.

Une somme de 60 000 francs est approuvée suite aux études menées par l’ingénieur-architecte de la ville de Bordeaux, M. Jacques d’Welles.

Extrait de la délibération :

déliberation caveau

plan caveau

Plan du caveau

C’est le 17 août 1925 que sera passé le marché de la construction du caveau à l’entreprise Barbotin, pour la somme nette et à forfait de 44 800 Francs.
La réception définitive du caveau marquant la fin des travaux sera effectuée le 30 octobre 1926.
Sur la dalle en granit sera gravée l’inscription : « AUX MORTS DE LA GRANDE GUERRE 1914 – 1918 ».
caveau des soldats
Épilogue:

Lors de la présentation du projet de construction de ce caveau en séance du Conseil Municipal du 7 avril 1925, il était bien précisé ceci :
voute supérieure
Mais la construction du monument sera abandonnée, et la dalle en pierre remplacée par une dalle en granit, avec une inscription généraliste, pouvant être interprétée comme un hommage aux seuls soldats du carré militaire environnant.
Sur les registres du cimetière de Bordeaux-Nord, tous les soldats exhumés du champ commun, sont indiqués être ré-inhumés dans le « CAVEAU-MONUMENT ».
De fait, ces 231 soldats dont les noms ne sont pas gravés sur le monument promis, sont devenus des soldats à la sépulture oubliée.
L’existence même de ce caveau devient floue dans les mémoires contemporaines pour ne pas dire inconnue.
Il est temps pour tous ces soldats tombés sur les champs de bataille de retrouver une identité.
Je propose d’ériger des panneaux commémoratifs, et de graver leurs noms, afin qu’ils ne soient plus des soldats « MORTS POUR LA FRANCE » à la sépulture anonyme.

Serge Michel DUMARTIN
Sources et Documents:
archives municipales de Bordeaux
photos de l’auteur

A l’initiative de Mme Cathy Foucher, conservatrice des cimetières de Bordeaux, des panneaux listant tous les noms des soldats identifiés comme étant inhumés dans ce Caveau-Monument, ont été installés le 10 novembre 2014.
Un grand merci à Mme Cathy Foucher pour son écoute et son implication à la sauvegarde de la mémoire de ces soldats.

Nouvelle plaque commémorative des 231 soldats 14-18 inhumés dans le Caveau-Monument

Nouvelle plaque commémorative des
231 soldats 14-18 inhumés dans le Caveau-Monument

INVENTAIRE DES 231 SOLDATS INHUMES DANS LE CAVEAU

ABADIE Victor, Achart, Marcel, André    55è R.I.
AGRECH Paul, Léon 37è R.I.C.
ALVINERIE André 34è R.I.
ANGERAN Roger Jean Marie Alexandre 12è R.A.
ARBOUCALOT Jean Gabriel 12è R.I.
ARRAULT Pierre Henri 102è R.I.T.
ARROU Emile, Louis 43è R.A. Coloniale
ARTIGUE Auguste Marc 54è R.I.
ARTIGUES Joseph Edouard 8è R. Tirailleurs
BALAGUE Pierre Georges Louis 20è C.O.A.
BALLION Marc Henri R.I.C.M.
BAQUIE Henri 344è R.I.
BARETS Paul Eugène 18è R.I.
BARONNET Charles Nicolas Auguste 140è R.I.T.
BAZEILLE Pierre 18è R.I.
BEAUJENDRE Léon Louis Lucien 344è R.I.
BEL Armand 21è R.I.C.
BELIZAIRE Gabriel Joseph 15è C.O.A.
BERAGNE Georges 372è R.I.
BERCHE François 207è R.I.
BERGES Louis François 108è R.I.
BERGNES Roger Louis 3è bis Zouaves
BERNADICOU-BARTHOUET Pierre 146è R.I.
BERNARD-ROY Louis ??
BERNIES Dominique Léopold 48è R.A.
BIDOT Louis 176è R.I.
BILLOT Pierre Marcel 19 è R.I.
BLANCHARD François Matelot
BOILEVIN Louis Marcel 271è R.A.C.
BOINE Joseph 18è R.I.
BOINEL Henri 144è R.I.
BOISSERIE Fernand 80è R.I.
BONNAMI Georges 417è R.I.
BONNARD Paul Fernand 20è R.I.
BOMPAS Jean 176è R.I.
BORE Henri François 8è Génie
BOUISSON Marcel Pierre 23è R.I.C.
BOURSAUD Pierre 60è B.C.P.
BOUVIER Jules 22è R.I.C.
BREHERET Paul 212è R.I.
BRIZARD Louis André 401è R.I.
BRUGIE Pierre 6è R.I.C.
BUROS Jean Louis 344è R.I.
CABOURIN Joseph Jean 344è R.I.
CASSOURET Jean Baptiste 3è Groupe aviation
CAUBARRUS Henri 1er R.I.
CAUBARUS Emile 52è R.I.
CAZAUX Baptiste 63è R.I.
CESSAC Paul 76è R.I.
CHATELAIN Cyprien Claude 63è R.I.
CHATENET Léon 344è R.I.
CHAUVEAU Méric Gabriel 127 R.I.
CONDAMINE Joseph 7è R.I.T.
COUDERC Edouard Albert 206è R.I.
COUDERC Léon 6è Génie
COUDERT André 7è R.I.C.
COURBIN Jean Fernand 37è R.I.C.
COURBIN Roger Pierre 57è R.I.
COURTIAU Jean Emile 108è R.I.
COUTAUD Gustave Edouard Louis 28è R.I.
COUTHURES Jean 14è R.I.
CRABOS Maurice 87è R.I.
CROUAU Jean Pierre 109è R.I.
DAGEDE Marcelin 6è R.I.
DAGUT Jean Armand 20è R.I.
DALLET Joseph Julien 63è R.I.
DARMUZEY Antoine 16è S.I.M.
DEBAS Etienne Jean 7è R.I.C.
DEGANS Raymond 67è R.I.
DELAGE Pierre Victorin 319è R.I.
DELOS Michel 12è R.I.
DELYS Etienne 144è R.I.
DESBARATS Roger Léon 1er R. de Zouaves
DESPUJOLS Henri Robert 412è R.I.
DOLHANDY Pierre Jules 299è R.I.
DONNESSE Gaston 37è R.I.C.
DORTIGNAC Jean Louis 206è R.I.
DOUMENJOU Joseph Marcel 369è R.I.
DUBEDOUT Léonard 176è R.I.
DUBEDOUT Raoul Eugène 413è R.I.
DUBUC Roger 34è R.I.
DUCOMBS Joseph Victor 26è R.I.
DUCOURNEAU Barthélémy 276è R.I.
DUNIS Joseph 176è R.I.
DUPIOT André Pierre 417è R.I.
DUPUY Adrien Louis 60è R.I.
DUYVER Hipolyte Joseph 412è R.I.
FAUCHEY Joseph 144è R.I.
FERRE Martin Jean 30è R.A.
FLAMANT Gaston Bernard 15è E.T.E.M.
FORGUE Jean Marcel 7è R.I.C.
FOURTUNNE Jean 24è R.A.C.
GARREAU Henri Léon 123è R.I.
GASSIES Jean 7è R.I.C.
GAYE Charles André 25ème S.I.M.
GEDEON Jean Edgard 11è R.I.
GEDON Pierre 58è R.A.
GERBEAUD Paul Louis 12è R.I.
GOUPIL Pierre 1er Groupe d’automobile
GRANGET Pierre 11è R.T. Algériens
GROCQ Pierre 60è R.I.
GUERINET André 57è R.I.
GUEUTIN Marcel Jean Marie 248è R.I.
GUIONVAL Louis Marcelin 57è R.I.
HATCHONDO Georges 40è R.A.
HAZERA Jean Paul 85è R.A.L.
HEDEMBAIGT Louis 6è S.I.M.
HERAUD Louis 60è R.I.
HERAUD Victor 2è Génie
HERPIN Baptiste Gabriel 142è R.I.T.
HODELIN Arthur Roger 3è R.I.C.
HOURSOLLE François 52è R.I.T.
ITHURBIDE Lucien 147è R.I.
JANIS Arthur Narcisse Henry 57è R.I.
JAUNIN Justin 1er R.M.Z
JEROME Roger 22è B.C. Alpins ou à Pied
JOYAUX René Henry 415è R.I.
JUDE Pierre 18è Section Infirmier
JULIA Hippolite 319è R.I.
JUNCA Jean René 57è R.I.
LABARRERE Auguste 2è Groupe aviation
LABEYRIE Marcel Lucien Laurent 53è R.I.C.
LACABANNE Pierre 49è R.I.
LACHAMP Ferdinand Pierre 22è R.I.C.
LACOMME Henri Théophile 37è R.I.C.
LADEVEZE Marcel André 3è R.I.C.
LAFARGUE Roger 269è R.I.
LAFAYE Pierre Eugène René 53è R.I.C.
LAFFON Raymond 67è R.I.
LAGARDE Roger Jean 41è R.I.
LAGOUARDE Jean Baptiste 70è R.A.L.
LALANDE Jean 23è R.A.
LAMOU Jean Justin 3è R.I.C.
LANCON Charles 6è R.I.
LANDELLE Eugène Fernand 5è R.M.T.
LANDREAU Gaston 50è R.I.
LANGLADE Raoul 56è R.I.C.
LANTERI Emile Eugène 218è R.I.
LANTIN Joseph 14è R.I.
LANUSSE Jacques Jean 37è R.I.C.
LAPARE Georges Jean 7è R.I.C.
LATOUR Baptistin Louis 2è Zouaves
LAVIGNE-NABARANNE Charles 43è R.I.C.
LEFORT Dominique 7è Sec. Chemins de Fer de Camp.
LEROUX Charles René Marie 57è R.I.
LEROUX Henri 284è R.I.
LORMO Albert 413è R.I.
LOSQUIN Eugène 7è R.I.C.
LOUBIERE Sylvio 209è R.I.
LUC Julien 58è R.A.
LUCIE Marie Armand 34è R.I.C.
LUR Arnaud Ismaël 7è R.I.C.
MAINGUET Henri Gaston 298è R.I.
MANESCAU Romain Roger Jean 7è R.I.C.
MARGA Camille 140è R.I.T.
MARICAL Louis 75è R.I.
MARTEGOUTE René 6è C.O.A.
MARTIN Pierre Henri 49è R.I.
MAYSONNAVE Louis Pierre 22è S.I.M.
MEILLAN Armand 308è R.I.
MENIER Charles Félix Léon 2è Génie
MENIER Daniel Jean Maurice 232è R.A.C.
MILLET Auguste Lucien 61è B.T.S.
MOLAS Marie Auguste Léonard 308è R.I.
MONTAUT Fernand 417è R.I.
MORERE Etienne Louis Jean Marie 204è R.I.
MUGRON Alfred Roland 288è R.I.
NARDON Henri Francois 101è R.A.L.
NOUGUE-DEBAT Louis 412è R.I.
PASCAL Jules 412è R.I.
PEGOT Louis Ismaël 6è R.I.
PERE Emile Gabriel 206è R.I.
PERET Pierre 360è R.I.
PEYRONNAUD Louis 37è R.I.C.
PHELIPPON Georges Eugène 7è R.I.C.
PILLIVUYT Norbert Cadre prisonnier de guerre
PISTRE Arthur 18è Section C.O.A.
PLESSIS Louis Jean 57è R.I.
POITOU Alexis Gustave 33è R.I.C.
POUILLET Noël Andrè Camille 15è E.T.E.M.
POUYAU Jean Maurice 6è R.I.
PRADERE Ferdinand 144è R.I.
PUISAY Roger 346è R.I.
PUYBARAUD Pierre André 44è B.T.S.
RAOUL Marcel 20è Escadron du Train
RAYMOND Philippe 257è R.I.
RAYNAUD Alphée 107è R.I.
REYNAL Robert Justin 144è R.I.
RIBEYROLLE Pierre 144è R.I.
RICHON Alma Marius 208è R.I.
RINJONNEAU Félix Marine, Salonique
RIOBE Louis Georges 26è R.I.
ROBERT Jean ??
ROCHAT Gabriel 20è E.T.E.M.
ROLLOT Jean Emile Urbain Paul 144è R.I.
ROMELOT André Louis 417è R.I.
RONCE Gabriel Edgard 22è R.I.C.
ROUBINEAU René Etienne 54è R.I.
ROUSSET Eugène Henri Baptiste 118è R.I.
RULLIER Michel 372è R.I.
RUMEAU Michel Joseph 418è R.I.
SABATE Joseph Pierre 22è R.I.C.
SABATE Marcel Vincent Marine, 4è Dépôt
SAINT-LEGER Emmanuel Germain 7è R.I.C.
SAINT-MARTIN Louis Félix 140è R.I.T.
SARRADE Jean 67è R.I.
SARRAN Jean Odilon Lucien 23è R.I.C.
SAUGNACQ William Armand 418è R.I.
SAUTIER Jean 269è R.I.
SAUZE Ernest Léon 28è R.I.T.
SAVES Elie 144è R.I.
SCHULLER Pierre 69è R.I.
SEBASTOPOL Elie Gaston 24è R.A.C.
SENTENAC Auguste 53è R.I.C.
SIMONEL Marie Edouard Roger 25è R.I.
SIMONNET Marcel Roger 14è R.A.C.
SIMONNET Pierre Albert 89è R.A.L.
TERZIT Georges 125è R.I.
TILHAC Jean Henri 60è R.A.C.
TISSEDRE Pierre Bernard 35è R.I.
TOULET-MELAT Louis 169è R.I.
TREJAUD Gabriel Paul Lucien Louis 108è R.I.
TREMOULET Chéri Nicolas 144è R.I.
VADENCOURT Gaston Henri Léon 412è R.I.
VALLET Eugène Hippolyte 418è R.I.
VEDRENNE Léon Auguste 133è R.I.
VERDUN Louis 1er R.I.C.M.
VIAUVY Louis Hector Lucien 108è R.I.
VIGIER Antoine Paul 60è Bat. Ch. À Pied
VIGIER Roger 28è Bat. Génie
VINGINAUD Jean 5è R. du Génie

QUELQUES SOLDATS INHUMES DANS LE CAVEAU-MONUMENT

BALAGUE Pierre Georges Louisbalague
Né le 26 juin 1893 à Lamarque (Gironde)
Soldat à la 20è Section des Commis et Ouvrier d’Administration
Décédé le 26 mars 1916 à Lamarque, à son domicile.
Maladie contractée en service

 

 

BILLOT Pierre Marcelbillot
Né le 07 mai 1888 à Rions (Gironde)
Soldat au 20è Régiment d’Infanterie
Tué à l’ennemi le 02 novembre 1918 à Voncq (Ardennes)

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Maurice DAMOUR, Député des Landes, Marquis de La Fayette, Monument américain, Le Verdon (Gironde)

Le 30 mai 1942 tous les habitants du Verdon-Pointe-de-Grave (Gironde) furent secoués par une violente explosion due à la destruction du monument dédié, d’une part à La Fayette parti soutenir en 1777 les Etats-Unis en révolte contre l’Angleterre, et d’autre part aux troupes américaines débarquées en 1917 pour venir aider la France et les alliés à combattre les Allemands.
Ce monument, symbole de l’amitié franco-américaine, de par sa situation à l’embouchure de la Gironde, était un excellent point de repère pour l’aviation alliée. Mais pas le seul, le phare de Cordouan échappa heureusement à cette même destruction : il fut camouflé par  de la peinture noire.
Le monument américain d’une hauteur de 67 mètres en faisait un édifice très imposant, mais il était à l’image de la ferveur d’un homme pour l’amitié franco-américaine et instigateur de sa construction, l’ancien député des Landes Maurice DAMOUR.

tour

Vestiges de l’explosion du monument Source : archives départementales de la Gironde

En édifiant ce monument il voulait célébrer l’aide apporté par le marquis de La Fayette en 1777 aux insurgés américains luttant pour conquérir leur indépendance, et 140 ans plus tard, en 1917, l’envoi de troupes américaines en Europe pour combattre victorieusement auprès des Alliés.

LA FAYETTE

Marie-Joseph Paul Yves Roch Gilbert du Motier, marquis de La Fayette est né le 06 septembre 1757 au château de Chavaniac (Haute-Loire). A 12 ans il est orphelin, et à 17 ans, il épouse Marie Adrienne Françoise de Noailles.

la fayette

Source : Gravure du XIXè siècle Archives Bordeaux Métropole

Après une formation militaire il est promu capitaine des dragons puis est envoyé en garnison à Metz. C’est là lors d’un diner qu’il rencontre le duc de Gloucester, frère du roi d’Angleterre, dont le récit du soulèvement des colons américains le passionne, et il décide de soutenir leur cause. Les diplomates des insurgés, dont Silas Deane, qui souhaitent l’appui de la France, encouragent La Fayette à partir en lui promettant le titre de Major Général dans l’armée américaine. Louis XVI malgré sa sympathie pour les insurgés, ne veut pas de guerre directe avec l’Angleterre, et pour préserver la paix, interdit les départs pour l’Amérique. Par ailleurs les espions anglais qui ont découvert les intentions de La Fayette le surveillent étroitement. C’est avec l’appui financier du conte de Broglie, vieil ami de son père, qu’un plan audacieux de départ pour l’Amérique va être échafaudé pour tromper la vigilance, à la fois des soldats du roi, et des espions anglais. C’est donc du port de Bordeaux que La Fayette va choisir de partir pour l’Amérique sur un modeste navire marchand de 22m de long, 8m de large, rebaptisé La Victoire. Destination officielle : Le Cap de Saint-Domingue (Haïti), et il signera son embarquement sous le nom de Gilbert du Motier, Chevalier de Chavaillac.

embarquement

Source : Archives départementales de Bordeaux, cote 6 B 56

acte

Il part avec quelques compagnons. Les inscriptions au bureau de l’Amirauté de Guyenne seront étalées discrètement sur 3 jours, mais le 23 mars 1777 quand le bateau appareille, La Fayette n’est pas à bord. Pour échapper à la surveillance dont il fait l’objet, il va embarquer au port de Pauillac deux jours plus tard, le 25 mars 1777. Toutefois la Victoire navigue non pas vers l’Amérique, mais vers l’Espagne, pour accoster au port de Pasaia situé tout près de Saint-Sébastien (Espagne). La Fayette décide de rentrer en France, car il a l’ordre de partir pour l’Italie avec son beau-père le duc d’Ayen car le roi aurait signé une lettre de cachet pour le contraindre.Passé la frontière et déguisé en coursier il fait demi-tour et rejoint Pasaia pour embarquer cette fois vers l’Amérique le 26 avril 1777.
La traversée dure 7 semaines, et c’est le 13 juin 1777 que La Fayette débarque au port de South Inlet près de Georgetown et achève son trajet jusqu’à Charleston par la route.
Sombre destin pour La Victoire, qui en voulant continuer sa route commerciale vers Saint-Domingue va couler à la sortie du port de Charleston le 14 août 1777.

carte

Source : Archives Bordeaux métropole (modifiée), cote Fi 44 A 3

La Fayette rejoint Charlestone puis Philadelphie par la route où il est reçu par les membres du Congrès Américains, grâce à des lettres élogieuses de Benjamin Franklin et Silas Deane le présentant comme un émissaire officieux de la France et de son roi Louis XVI.
De plus, ne demandant ni indemnité ni solde, et prenant en considération qu’il est venu à ses frais offrir ses services, le Congrès lui accorde officiellement le titre de Major Général, mais sans indemnité ni commandement.
Le 1er août 1777, La Fayette rencontre George Washington lors d’un diner officiel, et celui-ci l’invite à visiter ses troupes. Georges Washington a 45 ans et pas d’enfant, il voit en La Fayette le fils qu’il n’a pas eu, et La Fayette le père disparu trop tôt. La Fayette s’installe au quartier général de Washington, demande et fini par obtenir un commandement comme général de division. Affecté à l’Etat-Major, il demande à participer aux combats.
Le 11 septembre 1777, il sera blessé par balle à la jambe à la bataille de Brandywine. Mais c’est une défaite, et Philadelphie, siège du Congrès et de l’état-major doit être évacué devant l’offensive des troupes anglaises. La Fayette passera l’hiver très rigoureux avec Georges Washington et les troupes américaines à Vallyesforge dans des conditions spartiates, ce qui finira par convaincre le Congrès de son engagement patriotique pour la cause de l’indépendance. Ce même hiver, il conduira une mission près de la frontière canadienne pour rallier les tribus indiennes où il se rendra avec 1 trappeur et quelques officiers. Puis en mai 1778, Washington l’envoie au sud de Philadelphie, et avec une armée mal équipée et inférieure en nombre, où il va y mener une guerre de harcèlements dont le résultat sera l’abandon de Philadelphie par les Anglais. A noter que le 6 février 1778, un traité d’alliance officiel est signé avec la France, mais sur la Base d’échanges économiques. La guerre se traîne, La Fayette demande en France l’envoi de nouveaux renforts.
Le 11 janvier 1779, de Boston, il rentre en France mandaté par Georges Washington pour convaincre Louis XVI d’envoyer des troupes et des armes pour soutenir les insurgés. Cette fois il sera entendu, et le roi décide d’envoyer 6 000 hommes sous les ordres du général de Rochambeau et une flotte de guerre d’une trentaine de navires sous les ordres de l’Amiral de Grasse. Non intégré à l’armée royale, La Fayette précède le départ des forces royales et embarque le 10 mars 1780 à bord de la frégate l’Hermione à Port-des-Barques, situé à l’embouchure de la Charente. Celle-ci appareille dans la nuit du 14 au 15 mars 1780, mais la grande vergue se brise, et l’Hermione doit relâcher à l’île d’Aix pour réparer. Finalement c’est le 20 mars 1780 que La Fayette part pour Boston où il débarque le 28 avril 1780.

carte2
A son retour, Washington le nomme à la tête des troupes de Virginie, avec quoi il harcèle l’armée anglaise de lord Cornwallis et fait sa jonction avec les troupes de Washington et Rochambeau pour la victoire décisive de Yorktown le 17 octobre 1781. Cette victoire est considérée comme la victoire décisive de la guerre d’indépendance américaine parafée par le traité de Versailles du 3 septembre 1783. Il est temps pour lui de retrouver sa famille. Officier américain, il demande au congrès l’autorisation de rentrer en France pour servir son roi. Après des adieux émouvants à Washington, il quitte Boston, sous les vivats, le 23 décembre 1781. Entre Américains et Français le mythe « La Fayette », symbole de la liberté des peuples, va se perpétuer. Aux Etats-Unis, pas moins de 44 villes et 17 comtés portent le nom de La Fayette. Dans cette guerre, La Fayette a combattu au côté des troupes américaines, sous l’uniforme américain, il sera considéré comme un héros national par les Américains. Voici quelques stèles, plaques et monuments commémorant son départ de France, à Pauillac, Soulac (Gironde), Port-des-Barques (Charente-Maritime), et en Espagne à Pasaia.

Premier départ en 1777 :

STELE1

PAUILLAC (Gironde) Plaque commémorative
STELE2

STELE4

Plaques commémoratives à Pasaia (en Basque), Pasajes (en Espagnol)

STELE3

STELE5

Réplique statue de la Liberté Soulac-sur-Mer (Gironde)

STELE6

Second départ en 1780 :

buste

Stèle de La Fayette Port-des-Barques (Charente-Maritime)

 

gwLa Fayette repart pour l’Amérique le 1er juillet 1784. C’est un voyage privé, sur invitation de Washington. Le 4 août 1784, il est acclamé à New York par la foule qui l’accueille. Après trois jours de réceptions, il part faire un grand tour des provinces, partout accueilli avec la même chaleur. De grands banquets lui sont offerts à Philadelphie, Baltimore et Boston. Après un séjour à Mount-Vernon, chez Washington, La Fayette passe par New York, avant de remonter l’Hudson et de signer un traité de paix avec des Hurons et des Iroquois. La Fayette continue son voyage par Boston, Chesapeake, Yorktown et Richmond, avant de quitter le pays à New York le 21 décembre 1784. De nouveau presque un demi-siècle après son premier départ en 1777, sur l’invitation du Congrès Américain, il effectue une seconde visite triomphale de juillet 1824 à septembre 1825, accompagné de son fils, George Washington. Ce séjour en Amérique de quatorze mois, ponctués de visites interrompue dans les vingt-quatre États de l’Union, et une succession continuelle d’honneurs, où il est reçu en héros par toute la population.
A la nouvelle de sa mort en 1834, le Congrès des Etats-Unis décrètera un deuil de 30 jours.
Il va décèdé le 20 mai 1834 à Paris. Il avait 76 ans. Il est inhumé au cimetière Picpus avec de la terre du sol américain sur son cercueil ramené lors de son voyage.

HOMMAGE

Hommage du général Pershing à La Fayette : source Gallica BNF

Son souvenir est tel dans les mémoires américaines que le 4 juillet 1917, le Lieutenant-Colonel américain Charles E. Stanton sur la tombe du Marquis de La Fayette prononcera ces mots restés célèbres « La Fayette, nous voilà ! »

TOMBE

Tombe de La Fayette au cimetière Picpus à Paris

 

Maurice DAMOUR :

MAMOUR Maurice Damour est né le 25 mars 1873 à Dax (Landes), son père Imbert Damour, était marchant de bois au 74 rue Vincent de Paul, et sa mère, Marie Bénesse, ménagère. Il est déclaré à l’état civil sous le prénom de Joseph. Il suit les cours de l’Ecole de Commerce et d’Industrie de Bordeaux, puis, à Paris il est admis à l’Ecole des Hautes Etudes Commerciales.
Il opte alors pour une carrière consulaire. Premier poste à Saint-Sébastien (Espagne, près de Pasaia), puis il est nommé vice-consul à Santa-Fé (Argentine) le 15 mars 1898. Rentré en France, il est attaché auprès du Ministre des Colonies, pendant une période de 15 mois. Le 10 juillet 1902, il est nommé gérant puis chargé de la Chancellerie de La Nouvelle Orléans (Etats-Unis) jusqu’en 1907. Il fonde l’Alliance Franco-Louisianaise pour l’enseignement du Français. Grace à ses efforts de propagande, l’Alliance avait en 1910, 27 professeurs de Français pour une cinquantaine de classes. A partir de 1907 il effectue alors des missions au ministère l’Instruction Publique et au Ministère du Commerce. En 1910, il candidate dans la première circonscription de Mont-de-Marsan, contre le député sortant, le général Jacquey. Largement distancé au premier tour, il l’emporte au second, il avait fait, dit-on, sa campagne électorale à bicyclette, ce qui aurait servi sa popularité. Elu, à la Chambre comme « Républicain démocrate », Maurice Damour ne voulut s’inscrire à aucun groupe, pour conserver, comme il l’expliqua à ses électeurs en 1914, « cette complète indépendance qui est la garantie la plus sûre de la dignité des élus ». Il conserve son siège jusqu’en 1919. Il s’est impliqué dans de nombreuses commissions, affaires étrangères, affaires extérieures et colonies, budget, président de la commission centrale de contrôle, membre de la commission de la paix. En 1915 et 1916 il est chargé de missions aux Etats-Unis et au Canada pour resserrer les liens entre la France et les pays de l’Amérique du Nord.

comite On peut penser que c’est au cours de tous ses séjours aux Etats-Unis qu’il a perçu la popularité de La Fayette comme défenseur des libertés et de la démocratie, et son action diplomatique a aussi un peu contribuée à la décision du président Wilson des Etats-Unis d’envoyer un corps expéditionnaire en Europe défendre la liberté menacée de la France.
Ceci explique pourquoi Maurice Damour, va dès 1918 s’impliquer à redonner une mémoire à ce double évènement historique, créer et prendre la présidence du comité pour l’érection du monument commémoratif de l’intervention américaine.

Pour cela il faut provoquer un élan patriotique, il lance alors une souscription exclusivement nationale, pour marquer la gratitude de la France à l’aide américaine. D’après un courrier du comité daté du 9 août 1937, « plus de 1000 municipalités, des écoles de France, spécialement des écoles des régions dévastées, ainsi que les grandes collectivités, contribuèrent à l’œuvre poursuivie en hommage aux Etats-Unis ».
Maurice Damour, député, fit voter le 19 octobre 1919 un crédit de 1 million de francs par le parlement pour participation de l’Etat à la souscription pour le Monument.
chambre
discussion

Pour bien marquer la portée nationale et internationale de ce projet, il organise rapidement la pose de la première pierre du monument, le 6 septembre 1919, en présence du président de la République, Raymond Poincaré, de l’ambassadeur des États-Unis, Hugh Wallace, de nombreux ministres et personnalités locales, entourés de nombreuses troupes américaines, françaises, et de marine.
Dans son discours de bienvenue, M. Emmanuel Durand, maire du Verdon, déclarait : « en posant la première pierre de cet immortel monument du Droit, dû à de superbes initiatives, ne vous semble-t-il pas, M. le Président, que vous allez fixer à jamais le cœur de l’Amérique sur ce rivage français, d’où jadis, s’embarquait La Fayette, portant lui-même à l’Amérique le cœur de la France ? ».
Puis Maurice Damour déclarait : »1777-1917. Ces dates rappellent deux grands faits de l’Histoire de l’Univers, deux faits liés à travers le temps, comme sont liés à travers l’espace, les vagues de cet océan déferlant sur la rive française et sur la rive américaine. 1777, La Fayette sur la frégate la Victoire quitte la France pour aider l’Amérique à conquérir son indépendance. 1917, les Américains, les premiers Américains, accourent en Europe pour empêcher la liberté de mourir ».

Pose de la première pierre : 06 septembre 1919

6 sept 1919

TEXTE POSE PIERRE
INAUGURATION

Sur la photo de la page précédente, le Président de la république, Raymond Poincaré signe les lettres officielles présentées par Maurice Damour.
Photo Gallica BNF

MONUMENT COMMEMORATIF AMERICAIN / LA FAYETTE :

ComCHANTIERme tout projet important, il faudra du temps, pour, d’une part le définir, et d’autre part attendre de réunir des fonds français, car le Comité a refusé les souscriptions américaines, pour conserver au monument le caractère d’un hommage exclusivement national, (lettre du 15 octobre 1934 de Gaston Menier, trésorier du Comité).
Le chantier commence le 1er juillet 1926, et après pas mal de vicissitudes sera considéré terminé par le Comité en février 1938.
Il faut dire que le monument est de dimensions impressionnantes, 67,70 mètres de hauteur, une base de 39,90 mètres par 17,90 mètres, avec au pied deux imposants massifs, encadrant l’accès à un escalier monumental. A l’intérieur de chaque massif, une salle de 7 mètres de haut, l’une dédiée à La Fayette et les souvenirs de la guerre d’indépendance, l’autre dédiée à l’aide américaine sous diverses formes : assistance aux soldats, aux blessés et aux orphelins, ainsi que la reconstruction des villages dans les régions dévastées.
Sur la carte postale ancienne, on se rend compte de l’imposante structure architecturale posée sur la dune de la Pointe du Médoc.

CARTE POSTAL

En façade du monument était gravé toute la symbolique de la construction de cette œuvre :
FACADE

A
LA GLOIRE
DES
AMERICAINS
AUX SOLDATS
DU
GENERAL
PERSHING
DEFENSEURS
DU MEME IDEAL
DE DROIT
ET DE LIBERTE
QUI CONDUISIT
EN AMERIQUE
LES
VOLONTAIRES
DE
LA FAYETTE

Par souci de donner une dimension internationale au monument, le comité va alors chercher à organiser une inauguration prestigieuse. Plusieurs dates vont être proposées, qui, pour diverses raisons ne pourront pas être retenues. La date finale sera le 04 septembre 1938.

INAUGURATION2

COMITE HONNEUR

Une lettre du 22 août 1938 de Maurice Damour donne au préfet de Gironde tous les détails des personnalités présentes, des forces militaires représentées et de la suite des festivités :
« La cérémonie d’inauguration aura lieu le dimanche 4 septembre à 10h30 en présence de Monsieur l’Ambassadeur des Etats-Unis, de Monsieur Georges Bonnet, Ministre des Affaires Etrangères, de Monsieur Georges Mandel, Ministre des Colonies et de Monsieur Champetier de Ribes, Ministre des Pensions. La Marine Française sera représentée par un croiseur de 10 000 tonnes (le Croiseur Gloire), une division de Torpilleurs (Bordelais et Trombe), et une section d’Hydravions. Des escadrilles d’avions survoleront le monument à l’heure de la cérémonie. Un contingent de l’armée et une musique militaire, des délégations du Conseil Municipal de la ville de Paris, d’Anciens Combattants Américains et Français participeront également à la manifestation ». Après les discours, « la cérémonie se poursuivra par la visite des deux salles d’exposition où se trouvent réunis, d’une part les souvenirs de la participation de la France à la guerre d’indépendance américaine, et d’autre part, ceux de l’intervention des Etats-Unis à celle de 14-18. Enfin la montée au sommet du monument s’effectuera par l’ascenseur. A 13h un banquet aura lieu dans les salles de la gare maritime ».
TIMBRE

4 SEPT 1938

Photos journal : La France de Bordeaux et du Sud-Ouest : Source AD Gironde 1M 775

Et ce sont des milliers de personnes qui se déplaceront pour cette inauguration. A toutes les personnalités politiques girondines, maires, conseillers généraux, députés, corps consulaires, à toutes les personnalités militaires, judiciaires, économiques et universitaires françaises et étrangères, à toutes les délégations d’anciens combattants, il faut ajouter la présence d’une immense foule, dont la presse locale se fera l’écho. 4 SEPT 38

Les discours des personnalités seront retransmis par Radio-Bordeaux-Sud-Ouest.
Mais en fixant la date de l’inauguration au 4 septembre 1938, Maurice Damour et le Comité ne pensaient pas donner une connotation géo-politique mondiale à l’événement.
Léon Blum dans le journal Le Populaire écrira : « Le hasard fait quelquefois bien les choses : le monument de la Pointe-de- Grave a été inauguré quelques heures avant l’ouverture du congrès de Nuremberg. Le monde entier sait aujourd’hui que la guerre ou la paix dépendent du chancelier Hitler. Mais de son côté, le chancelier sait aussi, et il le sait plus certainement que jamais, ce que signifieraient pour lui et pour son peuple la guerre ou la paix ».

PIECE

Dans son discours, l’Ambassadeur des Etats-Unis déclarait : « Américains et Français savent qu’il est plus sage de s’abstenir à employer la force comme instrument d’une politique nationale, et de ne pas intervenir dans les affaires intérieures d’autres nations et de chercher toujours le règlement des différends dans les négociations et les accords pacifiques, et non dans la guerre ».

 Un an plus tard, le 3 septembre 1939, c’est la déclaration de guerre entre les Alliés et l’Allemagne. Sur la photo de l’inauguration page précédente, le deuxième personnage à gauche du premier rang des personnalités, c’est Georges Mandel,

PLAQUE MANDEL

Plaque commémorative située sur le mur de la mairie de Soulac-sur-Mer

homme politique, à l’époque Ministre des Colonies et maire de Soulac-sur-Mer (commune limitrophe du Verdon), ancien chef de cabinet de Georges Clémenceau. Il s’oppose aux accords de Munich signés, entre-autre, par Daladier avec Hitler, ainsi qu’à l’Armistice demandée par Pétain. Il sera arrêté le 17 juin 1940, condamné à la prison à vie, déporté en Allemagne, livré à la Milice, et assassiné le 7 juillet 1944 en forêt de Fontainebleau.
Maurice Damour a 65 ans l’année de l’inauguration du Monument. Il ne sait pas que 4 ans plus tard il sera réduit en un tas de gravats par les Allemands, gravats qui seront utilisés pour consolider la digue de la Pointe-de-Grave. Le bouclier en bronze de l’artiste Henri Navarre, sera mystérieusement sauvegardé, mais vandalisé par la découpe de la fresque représentant le débarquement des troupes américaines.
La fresque représentant le départ de la Fayette étant également aussi détériorée.

 

BOUCLIER

Le bouclier tel qui se présente aujourd’hui posé au niveau du sol

BOUCLIER2

Le bouclier qui était installé en vertical à l’entrée du monument.

BUSTE LAFAYETTE

Buste de La Fayette Offert par Maurice Damour à la commune du Verdon. Photo de Bruno Gasteuil

MENIER

Georges Menier et son fils Jacques Menier Photo issue du site internet « Saga Menier »

Un buste de La Fayette trônait aussi dans la salle musée, il a été récupéré avant le désastre par Maurice Damour, et celui-ci l’a ensuite offert à la commune du Verdon. Mais la destruction du monument en 1944 a dû être un déchirement pour lui, pour Jacques Menier (1892-1953), et son père Gaston Menier (1854-1934), successivement vice-présidents et trésoriers du Comité, les industriels du chocolat, qui ont apporté un concours personnel considérable à la réalisation de ce monument. L’inscription dédicace du monument est une souscription personnelle de Gaston Menier. CHOCOLATSon fils, Jacques Menier, qui lui succéda était un ancien pilote de guerre 14-18. Lors d’un combat aérien, il fut grièvement blessé, brulé au visage et défiguré. On peut aussi légitimement penser que Jacques Menier a versé des fonds personnels pour la reprise de la construction du monument en mai 1937.

RECONSTRUCTION

Photo collection Bruno Gasteuil

A la fin de la guerre 39-40, la reconstruction sera évoquée certainement par des personnalités régionales. Il est très difficile aujourd’hui de savoir qui exactement va œuvrer pour que la mémoire collective n’oublie pas l’amitié historique entre la France et les Etats-Unis. En très peu de temps, une stèle, bien modeste, 7,30 m de haut, par une largeur de 5,60 m, sera construite exactement sur le site de l’ancien monument. Certainement érigée par le port Autonome de Bordeaux, dans le cadre financier des réparations des défenses côtières entre Soulac-sur-Mer et la Pointe-de-Grave. Si l’on se réfère à la presse locale de l’époque, l’inauguration de la stèle, le 1er juin 1947, sera à nouveau un évènement de portée internationale. Le journal « Sud-Ouest » en donnera un reportage très détaillé. La cérémonie sera présidée par le ministre de la marine, Louis Jacquinot, entouré des forces militaires de la marine avec une nouvelle fois le croiseur « Gloire », des détachements de l’armée de terre, de l’aviation, d’anciens combattants et la promotion 1946 de l’école Santé Navale, ainsi qu’une délégation de l’American Legion. La stèle est recouverte d’un immense drapeau américain, et une grande tribune accueillait de très nombreuses personnalités politiques et civiles. Le public girondin était réparti sur les dunes environnantes.

COMMEMORATION

Photo collection Bruno Gasteuil

Le maire du Verdon, Georges Poirier, dans son discours déclarera : » Rendons grâce également, messieurs, au Port Autonome de Bordeaux et à son ingénieur, au Comité du Monument, et à son inlassable et dévoué président Maurice Damour qui a pu finalement mettre sur pied cette inauguration ». En ce mois de juin 1947 Maurice Damour est âgé de 72 ans. Dans son discours à la tribune il va « saluer les valeureux soldats américains tombés au combat pour la liberté et la nécessité plus qu’impérieuse de l’union de nos deux démocraties ». Car il n’a pas oublié que ce monument est là pour rappeler le très lourd bilan du sacrifice des soldats américains. Les premiers contingents américains arrivent à Saint-Nazaire le 26 juin 1917. Les principaux ports utilisés tant pour les hommes que pour les approvisionnements dans la régions furent: Bordeaux, Bassens, Pauillac, La Pallice (La Rochelle), Le Verdon-sur-Mer. Entre juin 1917 et novembre 1918, les Etats-Unis mobilisent 4 735 000 hommes. Lors de l’armistice, le 11 novembre 1918, environ 2 millions de soldats américains étaient en France répartis dans 42 divisions, dont 1 million déjà engagé dans les combats. En une année et demie, 126 000 jeunes américains vont tomber sur le sol français, et 234 000 seront blessés. Le 1er septembre 1919, jour où le Général Pershing quitte la France, le Maréchal Foch apporte la réponse de l’armée française au mot célèbre prononcé par le représentant américain le 15 juin 1917 au cimetière de Picpus : « Vous êtes arrivé en disant : La Fayette, nous voici ! Permettez au soldat de France de vous dire : Grâce vous soit rendue « Maurice Damour restera fidèle à la commune du Verdon en acceptant, dès 1945, d’être membre du Conseil Municipal et ce, jusqu’à son décès, le 14 novembre 1953 dans la commune de Guétary (Pyrénées Atlantiques).Il aura eu une brillante carrière politique, diplomatique et journalistique, mais le monument de commémoration Américain de la Pointe-de-Grave restera l’œuvre de sa vie. Un nouveau comité sera créé le 5 décembre 1955 avec comme vice-présidente Mme Damour et ayant pour « but de reconstruire à la Pointe-de-Grave un monument détruit par faits deguerre« , mais ce comité, malgré le patronage de Jacques Chaban Delmas, n’effectuera aucune action, et la stèle provisoire de 1947, est par la force des choses devenue une stèle définitive.

MONUMENT ACTUEL

Monument actuel

Ici
s’élevait le monument érigé à la gloire des Américains
aux soldats du général Pershing défenseur du même idéal de droit et de liberté qui conduisit en Amérique La Fayette et ses volontaires partis de ce rivage en 1777.
Le monument symbolisait la fraternité d’armes et l’amitié Franco-Américaine.
Il fut détruit le 30 mai 1942 par les troupes d’occupation allemandes il sera réédifié par le peuple Français.
They have destroy it
We shall restore it

Seul vestige de l’ancien monument le bouclier de Henri Navarre posé au sol. Son installation ne date pas de l’inauguration initiale du 1er juin 1947, mais plus tardivement, à une période non encore déterminée.

damour

Photo Gallica BNF

signature
En 2017, année centenaire de la pose de la première pierre du monument, cet article est dédié à la mémoire de Maurice Joseph DAMOUR, député des Landes, conseiller général des Landes, officier de la Légion d’honneur et président du comité du monument commémoratif du départ de la Fayette en 1777 pour l’Amérique, et de l’arrivée des troupes américaines en France en 1917.

Sources :

Archives départementales de la Gironde, cote 1M775, 6B56.
Archives Bordeaux Métropole, cotes Fi 44A3, cotes 68c81, 216C4, 8C78
Ecomusée de Port-des-Barques : http://jp17.fr/ecomusee.portdesbarques/
Site de l’assemblée nationale : http://www2.assemblee-nationale.fr/
Site Bibliothèque nationale de France (BNF) : gallica.bnf.fr/

Crédits photos : sauf mention particulière les photos sont de l’auteur.

Je remercie pour ses informations et sa documentation Bruno Gasteuil, historien.

Serge Michel Dumartin

ceremonie

1987 : Cérémonie en l’honneur du passage de la frégate américaine « PHARISS »

celebration

1976 : célébration des 200 ans de la déclaration d’indépendance des 13 colonies britanniques

esplanade

1982 : inauguration esplanade

Photos collection personnelle Bruno Gasteuil

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Réunion du 6 février 2017

        Après avoir passé en revue les sujets ayant marqué le mois écoulé ( réunion du 28 février à l’Athénée de Bordeaux, généalogie de la famille Borie de Ducru-Beaucaillou, sujets à traiter pour l’expo sur la guerre 14/18…………) notre président passe la parole à notre tout nouveau éditorialiste Serge Dumartin qui, dans un exposé remarquable de précision et de détails, nous expose l’histoire du mémorial La Fayette du Verdon dont l’article vous sera livré en intégralité sur notre site. Une bien belle histoire qui nous rappellera que l’amitié de nos deux nations franco-américaines se doit de passer au-delà de certaines passions négatives actuelles et rester dans nos mémoires pour l’éternité. Nous nous séparerons en nous donnant rendez-vous le 13 mars pour d’autres aventures.

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Assemblée Générale du 9 janvier 2017

Nous avons attaqué l’année 2017 par une séance de renouvellement du bureau et procédé à un vote à main levée. Le quorum étant largement atteint (28 sur 30 adhérents), la nomination des nouveaux membres (élus à l’unanimité) s’établit comme suit :

Président :                             Jean-Daniel Birebont

Vice-Président :                      Jean-Claude Gaillard

Trésorière :                            Mariannick Lafiteau

Trésorier adjoint :                 Dominique Schumacher

Secrétaire :                            Marianne Séïté

Secrétaire adjointe :              Marie-Christine Fau

Commissaires aux comptes : Annie Bessonnet et Gisèle Douat

Editorialistes : Jean-Pierre Arnaud et Serge Dumartin

 

C’est avec un petit pincement au cœur que notre ami Jean-Pierre a pris sa retraite après 11 années passées au poste de Secrétaire. Le titre honorifique (mais un peu désuet) de  « Ci-devant Secrétaire » lui a été attribué. (Enfin, disons que JP. A se l’est attribué.)

Le Président a ensuite offert un petit verre de l’amitié accompagné d’excellentes tarte frangipanes de notre expert pâtissier Mr Besson à tous les participants, remercié Jean-Pierre pour l’excellence du travail fourni dans le bureau directeur, souhaité la bienvenue et bonne chance à Marianne et Marie-Christine.

Un petit cadeau de Généamédoc ainsi qu’un beuvrage médocain offert par le Président à notre « Ci-devant Secrétaire » ont clôturé cette sympathique soirée et notre groupe s’est ensuite empressé de rejoindre ses pénates, bien au chaud, dans le cocon familial.

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Biographie de Raymond Guillaume GABIN

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