{"id":884,"date":"2020-04-08T07:32:43","date_gmt":"2020-04-08T07:32:43","guid":{"rendered":"http:\/\/geneamedoc.fr\/?p=884"},"modified":"2020-04-08T07:32:43","modified_gmt":"2020-04-08T07:32:43","slug":"la-paleogenetique","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/geneamedoc.fr\/?p=884","title":{"rendered":"La pal\u00e9og\u00e9n\u00e9tique."},"content":{"rendered":"<p>Les gens qui vivent aujourd\u2019hui \u00e0 un endroit ne sont pas les descendants de ceux qui vivaient jadis au m\u00eame endroit \u00bb, souligne David Reich, pal\u00e9og\u00e9n\u00e9ticien \u00e0 l\u2019universit\u00e9 Harvard. \u00c0 l\u2019heure o\u00f9 les d\u00e9bats font rage sur les migrations et les fronti\u00e8res, la science montre que l\u2019Europe est et a toujours \u00e9t\u00e9 un continent d\u2019immigrants. Les Europ\u00e9ens offrent un m\u00e9lange variable de vieilles lign\u00e9es originaires d\u2019Afrique, du Moyen-Orient et des steppes de Russie. C\u2019est ce que d\u00e9montrent l\u2019examen d\u2019objets arch\u00e9ologiques, l\u2019analyse de dents et d\u2019os, et la linguistique. Mais la principale preuve provient d\u2019un nouveau domaine de recherche : la pal\u00e9og\u00e9n\u00e9tique.<\/p>\n<p>Au cours de la derni\u00e8re d\u00e9cennie, il est devenu possible de s\u00e9quencer l\u2019ensemble du g\u00e9nome d\u2019humains qui vivaient il y a des dizaines de mill\u00e9naires. Aujourd\u2019hui, on peut s\u00e9quencer un fragment de squelette bien conserv\u00e9 pour moins de 500 euros. Cons\u00e9quence : la somme des donn\u00e9es disponibles a explos\u00e9, ce qui transforme l\u2019arch\u00e9ologie. Sur la seule ann\u00e9e 2018, les g\u00e9nomes de plus d\u2019un millier d\u2019hommes pr\u00e9historiques ont \u00e9t\u00e9 \u00e9tablis \u2013 le plus souvent, \u00e0 partir d\u2019ossements mis au jour il y a des lustres et conserv\u00e9s dans des mus\u00e9es ou des laboratoires d\u2019arch\u00e9ologie.<\/p>\n<p>Ces analyses donnent des indices sur l\u2019identit\u00e9 et l\u2019origine des anc\u00eatres des hommes anciens \u2013 et donc, sur leurs migrations. Il semble maintenant clair que trois flux majeurs de populations ont fa\u00e7onn\u00e9 le cours de la pr\u00e9histoire europ\u00e9enne. Les immigrants y ont apport\u00e9 l\u2019art et la musique, l\u2019agriculture et les villes, le cheval domestique et la roue. Ils ont aussi introduit les langues indo-europ\u00e9ennes parl\u00e9es aujourd\u2019hui dans presque toute l\u2019Europe, et peut-\u00eatre m\u00eame la peste.<\/p>\n<p>Dans des laboratoires tels que celui-ci, \u00e0 I\u00e9na, en Allemagne, l\u2019ADN des dents et des ossements de nos anc\u00eatres permet aux chercheurs de comprendre les changements au sein des populations et le sc\u00e9nario des lointaines migrations humaines.<\/p>\n<p>PHOTOGRAPHIE DE\u00a0<b><strong>INSTITUT MAX-PLANCK POUR LA SCIENCE DE L\u2019HISTOIRE HUMAINE<\/strong><\/b><\/p>\n<p>Premi\u00e8re vague de migration, il y a environ 45 000 ans : les premiers humains modernes se sont \u00e9parpill\u00e9s \u00e0 travers l\u2019Europe, apr\u00e8s avoir travers\u00e9 le Moyen-Orient. Ils formaient de petits groupes nomades de chasseurs-cueilleurs. Ils suivaient les fleuves, longeant le Danube et s\u2019enfon\u00e7ant au c\u0153ur de l\u2019Europe occidentale et centrale. Pendant des mill\u00e9naires, leur impact resta limit\u00e9. Leur ADN indique des m\u00e9langes avec des n\u00e9andertaliens, qui allaient dispara\u00eetre 5 000 ans plus tard. Environ 2 % du g\u00e9nome de l\u2019Europ\u00e9en moyen actuel provient ainsi d\u2019ADN n\u00e9andertalien.<\/p>\n<p>Les seconds par ordre d\u2019arriv\u00e9e sont venus depuis l\u2019Anatolie centrale, il y a environ 10 000 ans, \u00e0 l\u2019aube du N\u00e9olithique. Ces hommes avaient d\u00e9j\u00e0 commenc\u00e9 \u00e0 cultiver des formes primitives de bl\u00e9 et, sans doute, \u00e0 \u00e9lever de petits troupeaux. La plupart de ces agriculteurs du N\u00e9olithique avaient la peau claire et les yeux sombres \u2013 au contraire de beaucoup des chasseurs-cueilleurs. Au fil des si\u00e8cles, leurs descendants s\u2019aventur\u00e8rent le long du Danube, jusqu\u2019au c\u0153ur du continent. D\u2019autres long\u00e8rent les c\u00f4tes m\u00e9diterran\u00e9ennes sur des embarcations, colonisant des \u00eeles comme la Sicile, et s\u2019\u00e9tablirent aussi loin que le Portugal. Jusqu\u2019\u00e0 la Grande-Bretagne, la signature g\u00e9n\u00e9tique anatolienne se retrouve partout o\u00f9 a d\u00e9marr\u00e9 l\u2019agriculture.<\/p>\n<p>Enfin, les derniers contributeurs majeurs \u00e0 la composition g\u00e9n\u00e9tique de l\u2019Europe occidentale et centrale sont arriv\u00e9s des steppes russes, voil\u00e0 pr\u00e8s de 5 000 ans. Dans les steppes du sud de la Russie et de l\u2019est de l\u2019Ukraine actuelles vivaient des nomades, les Yamnayas, partageant une parent\u00e9 lointaine avec les Am\u00e9rindiens, dont les anc\u00eatres \u00e9taient venus de la Sib\u00e9rie, tout \u00e0 l\u2019est. Ils ma\u00eetrisaient la roue, fabriquaient des chariots et suivaient les troupeaux de b\u00e9tail \u00e0 travers la prairie. Ils avaient aussi \u00e9t\u00e9 parmi les premiers humains \u00e0 monter \u00e0 cheval.<\/p>\n<p>En quelques si\u00e8cles, ils progress\u00e8rent dans toute l\u2019Europe, sans doute en qu\u00eate de meilleurs p\u00e2turages. Ils ont ainsi introduit les chevaux domestiques et un mode de vie mobile fond\u00e9 sur l\u2019utilisation de chariots, dans une Europe encore \u00e0 l\u2019\u00e2ge de la pierre. Et, avec des armes et des objets in\u00e9dits en m\u00e9tal, ils ont contribu\u00e9 \u00e0 faire entrer le continent dans l\u2019\u00e2ge du bronze. L\u2019arriv\u00e9e des Yamnayas en Europe correspond aussi, selon les linguistes, au d\u00e9but de la diffusion des langues indo-europ\u00e9ennes (une famille de plusieurs centaines d\u2019idiomes, dont la plupart des parlers entre l\u2019Irlande et la Russie, et la moiti\u00e9 nord de l\u2019Inde) sur le continent.<\/p>\n<p>Tous les Europ\u00e9ens contemporains sont donc issus d\u2019un m\u00e9lange. Typiquement, la recette g\u00e9n\u00e9tique d\u2019un Europ\u00e9en moyen est : du Yamnaya et de l\u2019agriculteur anatolien \u00e0 parts \u00e9gales, avec une dose bien plus r\u00e9duite de chasseur-cueilleur africain. La moyenne masque cependant d\u2019importantes variations r\u00e9gionales. On retrouve plus de g\u00e8nes \u00ab cow-boy de l\u2019Est \u00bb en Scandinavie, mais plus de g\u00e8nes d\u2019agriculteur anatolien en Espagne et en Italie. Et il y a davantage de fragments significatifs d\u2019ADN de chasseur-cueilleur dans la Baltique et en Europe de l\u2019Est. Mais, pour David Reich, une chose est claire : \u00ab Il n\u2019existe pas de populations autochtones. Quiconque veut en revenir \u00e0 la puret\u00e9 raciale est confront\u00e9 \u00e0 l\u2019absurdit\u00e9 du concept. \u00bb<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les gens qui vivent aujourd\u2019hui \u00e0 un endroit ne sont pas les descendants de ceux qui vivaient jadis au m\u00eame endroit \u00bb, souligne David Reich, pal\u00e9og\u00e9n\u00e9ticien \u00e0 l\u2019universit\u00e9 Harvard. \u00c0 l\u2019heure o\u00f9 les d\u00e9bats font rage sur les migrations et &hellip; <a href=\"https:\/\/geneamedoc.fr\/?p=884\">Continuer la lecture <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"class_list":["post-884","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-non-classe"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/geneamedoc.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/884","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/geneamedoc.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/geneamedoc.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/geneamedoc.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/geneamedoc.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=884"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/geneamedoc.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/884\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":885,"href":"https:\/\/geneamedoc.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/884\/revisions\/885"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/geneamedoc.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=884"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/geneamedoc.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=884"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/geneamedoc.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=884"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}